/Cîmes/

Peut-être que les questions qu’on se pose sont comme des flots dont il faut remonter le cours pour en atteindre le coeur. A contre-courant tu t’épaissis dans la transparence des roches et épouses les creux où l’eau s’affole. Continent sans nom, enclos du jour cerclé de visages masqués et indéterminés. Dans ce flot impénétrable, la vie pulse malgré toi, malgré tout. Dans ta tête il y a toujours un lac, brillant au fond d’une vallée. Des franges de fougères au fond de ta poitrine, voute nue et fiévreuse abritant le grand feu de ta nuit. Et la musique lointaine du vent qui s’engouffre dans tes veines, celle des cloches qui sonnent le renoncement définitif à toute forme de résignation. Bons baisers des forêts, celles des grands plateaux abandonnés au ciel.