Dans cette vie parfois
Les valises sont pleines
De départs en voyage
Où tout est à sa place
Dans le cœur et dans l'âme
Parfois dans cette vie
J'oublie de me compter
Dans l'univers sauvage
Des oiseaux de passage
Sept milliards de pixels
Saturés dans l'écran
J'oublie que la manière
De dire et de parler
Pèse souvent plus lourd
Que les lettres unies
De tous les alphabets
J'oublie que demain va
Et qu'hier recommence
Le matin près du poêle
Le soir sous des tilleuls
Où j'apprends à rester
Malgré ce qui m'encombre
Malgré ces vieilles branches
Lourdes de tous les âges
De tous les territoires
D'avant que je sois là
Parfois dans cette vie
Des rafales s'affolent
Et déposent au sommet
De montagnes offertes
De longs colliers de larmes
Où serpentent des fauves
Qui peuplent les matins
Sache que dans cette vie
Assise au bord du monde
J'apprends à laisser choir
La peau des clémentines
Dans le foyer secret
Des lentes cheminées
Là où tout disparaît
Là où tout reste à croire
Au plein cœur d'un soleil
Figé dans sa fureur
Tu peux y voir ma nuit
Tu peux y voir ma vie
Et la part de merveille
Que j'ai prise à ce monde
Pour apprendre à rester
Et à ne rien vouloir
Que les fleurs au printemps
Et la neige en hiver